Satellite – Indochine

By folespoir

 

 

«Ma chambre est une galerie d’art et de rêve. J’ai semé la vie derrière la porte, à la recherche d’une trêve. Elle ne passe jamais le seuil de mon refuge, “pouce”. J’ai besoin de souffler. Ma chambre, mon refuge, une fenêtre sur notre monde. Je te retrouve dans les traits que tu as dessinés lisses pour adoucir le monde de mes nuits. Je vois encore ton poignet fin et élancé survolant le papier blanc. Y avait-il du vent ? Je commence une ballade à travers tes dessins, espace-rêve qui nous appartient. Je me dérobe en silence, je m’éloigne des sens; à chaque pas, à chaque fois, un peu plus près de toi. Il n’y a rien à dire, rien à expliquer, rien à déceler. Tout est là, ici, maintenant et à toujours; je remonte à la quintessence de notre amour. Le mystère reste dans la simplicité, à la portée d’un enfant qui regarde. J’ai le cœur qui tangue d’espoir, encore. Peut-être que nous sommes fous d’y croire. J’aime qu’on soit fous. Quelque part. Les mots sont inutiles, nous savons déjà… Qu’est ce qui nous brûle ? Qu’est ce qui nous pousse au hasard, entre le besoin, l’envie et la folie ? Et que reste-t-il après l’incendie, mon amour ? Tes yeux me répondent en couleur. Cendres. “Cendres de lune, petite bulle d’écume…” Au creux de ma main, je souffle un monde plus beau qui s’envole par la fenêtre. Il est allé renaître là-haut, tu vois ? Elle est où ta fusée orange ?»

«Ailleurs. Elle est ailleurs là où nos rêves transportent les possibles, là où personne à part nous ne l’atteindra. Si je ferme les yeux, je t’imagine assis en tailleur sur ton lit. La lumière dans ta chambre est douce et diffuse un halo orangé sur les feuilles que tu as accrochées au mur. Éveil des sens. Sur le papier je nous ai dérobé à la réalité, pris en otage, et réuni. J’y ai laissé courir la liberté des traits, la douceur de notre amour, l’espérance de nos rêves. Est-ce que chaque trait te dit combien je t’aime ? Tu sais, il y a l’odeur de la feuille, la fluidité de stylo noir, du feutre bleu et le tracé incisif du rouge. Je t’apprendrais mon amour, nous serons tout. Tout. C’est ça la fébrilité de mon envie, cette infinité d’images qui s’offrent à moi quand je me trouve face à la page encore blanche. Renaître à chaque nouveau dessin, créer nos lendemains, effleurer ta main. Que reste-t-il a faire lorsque le calepin arrive à sa fin ? Ton coeur me répond en silence. Continuer. Viens mon amour, cette nuit, je te la vole. Envole.»

 

Une réponse vers «Satellite – Indochine»

  1. Delphine dit :

    très beau ce texte. Il faut rêver.

    A bientôt

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