The Scientist – Coldplay

By folespoir

 

 

«La pluie tombe derrière la fenêtre, la pluie tombe et mes pensées filent avec elle. Si nous étions ensemble, ici et maintenant ce serait un bonheur trop grand pour que la vie l’accepte. J’avais dans ma tête anéanti et réfuté tous les obstacles qui s’opposaient à nous. Je ne leur ai accordé aucune importance et j’ai eu tort. J’ai eu tort de vouloir les effacer en les niant. Je dois faire avec. Faire avec ce temps qui passe sans toi, le travail qui passe entre mes doigts, et la vie qui file au loin de moi. Devenir allié du silence, ami des jours perdus. Ma vie se passe sans que j’y prenne part. Je la regarde se dérouler avec un détachement et un ennui profonds. Elle est vide de sens puisque tu n’es pas là pour l’habiter. Elle ressemble à un fleuve gelé, tout file en dessous de la glace et personne ne le voit. Mes drames intérieurs sont des courants d’eau claire qui me laissent plus fragile à chaque fois. Je suis le fleuve recouvert de glace, la vie glisse sur moi, le temps passe, mais le printemps ne vient pas. Il fait beau, les gens viennent, je m’occupe, je sors, je fais valoir mon droit d’existence. La glace est toujours là, la glace sera toujours là pour t’abriter en moi, trésor secret et intouchable. Je serai ton château fort, ni de pierre, ni de verre…»

«J’ai ouvert les yeux sur un ciel voilé. J’ai ouvert les yeux et la nuit avait filé… sous mes paupières. J’avais encore dû errer au bord du précipice de l’ennui là où les ombres s’allongent et deviennent plus grandes que nous, bien plus grande. Nul ne servait de courir, on ne sème son ombre qu’en s’envolant et je n’ai pas d’ailes. Je ne suis pas du ciel. Alors je suis resté planté sur ce banc glacé, à attendre je-ne-sais-quoi. Peut-être la mort, pour enfin renaître. Tu crois ce qu’il a dit ? Que nous sommes telles des bombes à retardement et que, à nous deux réunis, nous nous exploserions ? Ou serait-ce la Terre que nous ferions sauter ? J’ai eu tort, lui raison, toi espoir. Moi le noir, toi le rouge, lui le pouvoir, moi la folie, toi la passion, lui le dernier mot. Lui le dernier mot; Nous le silence. L’ennui c’est peindre en blanc sur une toile blanche. Les couleurs sont à venir, j’ai commencé à choisir une couleur. Je sais déjà ce que je souhaite dans ce ciel incertain. Je peindrai quand la peinture séchera, après la pluie. Un cerf-volant vole derrière ta fenêtre, un cerf-volant vole, crève le ciel d’un rayon vert et file vers toi…»

 

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